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«Il y a moins d’argent qui rentre»: quand aider un proche crève le budget

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Au Québec, une personne proche aidante sur trois a peur d’en parler au travail, révèle un sondage de Léger pour Concilivi avec Proche aidance Québec

Sara Favreau‑Perreault est proche aidante. Au cours des dernières années, elle a dû s’occuper de sa fille de 3 ans, qui était en réadaptation. Cette situation l’a contrainte à s’absenter du travail à de nombreuses reprises. Selon elle, les proches aidants comme elle ont avantage à parler ouvertement de leur réalité à leur employeur.

Sara Favreau‑Perreault est proche aidante. Au cours des dernières années, elle a dû s’occuper de sa fille de 3 ans, qui était en réadaptation. Cette situation l’a contrainte à s’absenter du travail à de nombreuses reprises. Selon elle, les proches aidants comme elle ont avantage à parler ouvertement de leur réalité à leur employeur. Photo fournie par SARA FAVREAU-PERREAULT


Des milliers de Québécois proches aidants se battent chaque jour en silence dans un stress constant pour conserver leur emploi afin de joindre les deux bouts.

«Quand on travaille trois jours par semaine au lieu de cinq, il y a moins d’argent qui rentre», confie Sara Favreau-Perreault, qui doit s’occuper de sa fille Florence.

À l’âge de 11 mois, elle a avalé un morceau de plastique qui a perforé son œsophage. L’hôpital a réussi à la réanimer après un arrêt cardiorespiratoire (ACR).

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«Elle était molle comme de la guenille quand elle s’est réveillée. Elle avait perdu son tonus musculaire. On a commencé la réadaptation intensive», raconte celle qui travaille pour la MRC de Coaticook, qui est très accommodante avec elle.

Au Québec, près de 1,5 million de personnes agissent comme proches aidants. Plus de 35% d’entre eux ne se reconnaissent cependant pas comme tel.

La moitié travaille à temps plein, mais le tiers n’ose pas à en parler ouvertement à son patron.

«Recette pour le burnout»

Éliane Leroux Lafortune s’occupe de son fils Raphaël, qui a une maladie neuromusculaire dégénérative. Elle a bien tenté de bosser à l’hôpital au début.

«Il y a des parents qui travaillent de là-bas. On l’a essayé. C’est la recette pour terminer en burnout», confie la mère de trois enfants.

Raisons de continuer à travailler en étant proche aidant.

Raisons de continuer à travailler en étant proche aidant. Photo fournie par CONCILIVI

«Au départ, je me suis dit: “Comment vais-je faire? Je ne pourrai plus travailler. Je vais perdre ma maison.” Ma vie est passée devant mes yeux», se souvient-elle.

Éliane Leroux Lafortune est proche aidante pour son fils Raphaël. Elle doit concilier ce rôle avec son travail, un défi au quotidien. Ils apparaissent ici à l’hôpital Sainte‑Justine, en décembre 2024.

Éliane Leroux Lafortune est proche aidante pour son fils Raphaël. Elle doit concilier ce rôle avec son travail, un défi au quotidien. Ils apparaissent ici à l’hôpital Sainte‑Justine, en décembre 2024. Photo Éliane Leroux Lafortune

Heureusement pour elle, son employeur, la Ville de Montréal, est compréhensif de A à Z. Elle travaille toujours aux communications là-bas.

«C’est impossible d’être à temps plein avec les rendez-vous. Sans parler des hospitalisations», poursuit-elle.

Pas capable mentalement

Pour Julie Guilbault-Cournoyer, c’est le combat contre le cancer de sa mère qui rythme sa vie professionnelle.

«J’ai dû m’absenter plusieurs mois. Je n’étais juste plus là mentalement. Je n’arrivais pas à me concentrer au travail», se souvient-elle.

Julie Guilbault-Cournoyer a dû s’absenter très fréquemment du travail au cours des dernières années afin d’accompagner sa mère, Martine Guilbaut, qui lutte contre un cancer. Elles apparaissent ici ensemble le 5 novembre 2024, à l’Hôpital Maisonneuve‑Rosemont.

Julie Guilbault-Cournoyer a dû s’absenter très fréquemment du travail au cours des dernières années afin d’accompagner sa mère, Martine Guilbaut, qui lutte contre un cancer. Elles apparaissent ici ensemble le 5 novembre 2024, à l’Hôpital Maisonneuve‑Rosemont. Photo fournie par JULIE GUIBAULT-COURNOYER

 

Catégories d’emploi des personnes proches aidantes.

Catégories d’emploi des personnes proches aidantes. Photo fournie par CONCILIVI

«Au début, la pensée de devoir ouvrir mon ordinateur me déclenchait énormément d’anxiété. Je n’ose même pas penser à comment font ceux qui ne peuvent pas se permettre d’arrêter de travailler», partage Julie Guilbault-Cournoyer.

La responsable des communications du Réseau pour un Québec Famille, qui sensibilise le public à ces contextes de vie, reconnaît que sa situation financière a été bouleversée.

«C’était d’être là pour ma mère le plus possible. Mon employeur a été ouvert à ça. Je n’aurais jamais réussi à vivre seulement avec les prestations si je n’avais pas eu mon conjoint pour compenser financièrement (et avec toute la charge de nos trois enfants pendant les semaines où j’étais en permanence avec ma mère à l’hôpital)», conclut-elle.


Cinq exemples d'aides financières

1) Crédit d’impôt pour personne proche aidante (Québec)

  • Montant maximal: 1494$/année

2) Crédit canadien pour aidant naturel (Canada)

  • Montant maximal: 7999$ (réduction d’impôt)

3) Prestations d’assurance‐emploi pour proches aidants

  • Montant maximal: 729$/semaine (55% du salaire)

4) Crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés (Québec)

  • Montant maximal: 39% des dépenses admissibles

5 Crédit d’impôt pour personne handicapée (Canada)

  • Montant maximal: 10 138$ (réduction d’impôt) 

(Source: gouvernements du Québec et du Canada)


[ Source ]

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Chloé Sainte-Marie : reconnaître le travail invisible des proches aidants

16 décembre 2018

La chanteuse et comédienne Chloé Sainte-Marie a réussi à passer par-dessus les clivages politiques pour faire avancer la cause qui a changé sa vie. Avec l’aide de politiciens de carrière aux allégeances variées (comme Jean Chrétien ou Marguerite Blais), elle sera parvenue à mettre en place huit centres qui accueilleront d’ici quatre ans des malades, donnant ainsi un peu de répit aux aidants naturels. Au Québec, on dénombre 1,6 million d’entre eux et autant de personnes malades. Un travail bénévole qui reçoit toutefois bien peu de reconnaissance.

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