À la suite de la diffusion du premier épisode de la série Je suis là, qui met en lumière la réalité des proches aidants en santé mentale, CAP santé mentale interpelle le gouvernement du Québec afin qu’il pose des gestes concrets pour améliorer l’accès aux soins et réformer la Loi P-38.

- La série Je suis là est diffusée à Télé-Québec et porte sur les proches aidants en santé mentale.
- CAP santé mentale regroupe 53 associations de familles et de proches au Québec.
- Les demandes de soins en santé mentale augmentent d’année en année.
- La réforme de la Loi P-38 est attendue depuis plus de 25 ans.
- Les familles demandent un meilleur accès aux soins et un soutien accru en situation de crise.
Une série qui met en lumière une réalité largement partagée
La diffusion du premier épisode de la série-choc Je suis là, présentée à Télé-Québec, a ravivé un débat essentiel sur l’état des soins en santé mentale au Québec. La série donne la parole aux proches aidants qui soutiennent quotidiennement une personne vivant avec un trouble mental, exposant une réalité souvent invisible, mais vécue par des milliers de familles à travers la province.
Pour CAP santé mentale, cette production met en évidence l’urgence d’agir. L’organisme rappelle que les proches aidants se retrouvent fréquemment en première ligne, sans toujours disposer des outils, de l’information ou du soutien nécessaires pour faire face aux crises et aux situations complexes liées à la maladie mentale.
Une pression croissante sur les soins en santé mentale
Au Québec, les demandes de soins en santé mentale ne cessent d’augmenter année après année. Cette croissance constante met à rude épreuve le réseau de la santé et des services sociaux, tout en accentuant les difficultés d’accès aux soins dans la communauté. CAP santé mentale souligne que la santé mentale doit être reconnue et traitée avec la même importance que la santé physique, tant sur le plan des ressources que des priorités gouvernementales.
Selon l’organisme, la série Je suis là rappelle avec force que les lacunes actuelles du système entraînent des conséquences lourdes pour les personnes atteintes, mais aussi pour leur entourage. L’absence de suivi adéquat et de services accessibles contribue notamment au phénomène des « portes tournantes », où les personnes vivent des hospitalisations répétées sans réel filet de soutien à long terme.
Une réforme attendue de la Loi P-38
Les familles espèrent maintenant que la ministre responsable des Services sociaux et déléguée à la Santé, Sonia Bélanger, passera de la parole aux actes dès la reprise des travaux parlementaires. CAP santé mentale insiste sur l’importance de déposer rapidement des ajustements à la Loi P-38, qui encadre les soins psychiatriques sans consentement.
Cette réforme est attendue depuis plus de 25 ans par les familles et les proches. Le prédécesseur de la ministre, Lionel Carmant, avait amorcé un chantier de modernisation de cette loi. Pour CAP santé mentale, il est essentiel que ce travail se concrétise afin d’adapter le cadre légal aux réalités actuelles et de mieux protéger les personnes en crise ainsi que leur entourage.
Prévenir les drames et soutenir les familles
CAP santé mentale rappelle que le gouvernement du Québec et Santé Québec doivent intervenir afin de réduire les drames intrafamiliaux liés aux troubles mentaux. Des ajustements législatifs, mais aussi des changements dans les pratiques cliniques en situation de crise, sont nécessaires pour prévenir les situations où le danger devient imminent.
Les familles, souvent impliquées à vie auprès de leurs proches, demandent à être mieux écoutées, informées et reconnues comme des partenaires à part entière dans les parcours de soins. Elles souhaitent également un système de santé et de justice plus simple, plus accessible et plus humain, qui mise davantage sur la prévention et l’intervention précoce.
Un appel clair à l’action gouvernementale
Dans ce contexte, CAP santé mentale estime que le gouvernement Legault doit envoyer un signal fort démontrant que la santé mentale est une priorité nationale. Cela passe par un meilleur accès aux soins dans la communauté, un soutien accru aux proches aidants et une réforme attendue de la Loi P-38 afin de mieux répondre aux situations de crise.
« La série Je suis là nous confronte à la réalité : il y a urgence d’agir en santé mentale. Les familles sont essoufflées et le gouvernement doit mieux les soutenir », a déclaré René Cloutier, directeur général de CAP santé mentale, en rappelant l’importance de protéger le droit aux soins, à la dignité, à la sécurité et à la vie des personnes touchées et de leur entourage.
Une expertise unique au service des proches
Actif depuis 1985, CAP santé mentale regroupe 53 associations réparties dans toutes les régions du Québec. Sa mission est d’offrir un soutien psychosocial gratuit aux proches de personnes ayant un problème de santé mentale, notamment par l’information, l’entraide, l’accompagnement, les formations et le répit. Chaque année, les associations membres soutiennent plus de 30 000 proches à travers la province.
Source : CAP santé mentale
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