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Proches aidants : les organismes unissent leurs efforts

Mélanie Tremblay et Olivier Lajeunesse parlent sur une scène.
Cet évènement était organisé par le CISSS de la Côte-Nord et l'organisme l'Appui.
Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard

Un premier colloque dédié aux personnes proches aidantes s’est tenu mardi, à Sept-Îles. Pour les 150 participants, l'événement permettait d'échanger au sujet des ressources disponibles et de la réalité des proches aidants.

Selon Mélanie Tremblay, agente de planification, programmation et recherche au CISSS de la Côte-Nord, beaucoup de personnes s’occupent d’un proche depuis des années sans même savoir qu’elles portent le titre de proche aidant, et qu’elles ont droit à du soutien.

Le portrait régional qu’elle a présenté démontre que les personnes proches aidantes sont estimées à 25 504 sur la Côte-Nord, soit 28 % de la population.

Pour l’une d’elles, Francine Vigneault, être proche aidante est difficile. Elle l’a été d’abord pour son père, puis pour son mari.

Francine Vigneault discute à table.
Francine Vigneault pense qu'il est important de développer les ressources pour les personnes proches aidantes.
Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard

Mon père avait le salon, la télé, la grande fenêtre, le système de son. Ma mère était assise sur le coin de la table, dans la cuisine. C’était la seule pièce qu’il lui restait, se rappelle-t-elle.

J’ai pris conscience de ce que ma mère a vécu quand j’ai pris soin de mon mari. C’était à mon tour d’être au coin de la table. Tout est pour le malade; le proche aidant est oublié, mais lui aussi, il a besoin d’être aidé.

Des ressources suffisantes, mais méconnues

Pour le responsable régional de l’organisme Appui proches aidants, Olivier Lajeunesse, les ressources pour les proches aidants ne manquent pas, sur la Côte-Nord. Toutefois, le plus grand frein à l’accès aux services est la méconnaissance du public et des professionnels de la santé.

Mélanie Tremblay et Olivier Lajeunesse discutent à la table.
Les deux organisateurs espèrent que le colloque sera de retour l'an prochain.
Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard

Plutôt que de créer de nouvelles ressources, il est d’avis qu’il faut plutôt améliorer la communication entre le réseau de la santé et les organismes communautaires.

Autant le réseau que le communautaire, il faut s’assurer d’être complémentaire, pense-t-il. On veut devenir un écosystème plutôt que travailler en silo.

Le témoignage de l’intervenante Émilie Bouchard en est une preuve tangible : bien que son organisme L’Ancrage soit à Baie-Comeau depuis plus de 30 ans, il est encore méconnu de la part du personnel médical, commente-t-elle.

Encore aujourd’hui, ça fonctionne avec le bouche-à-oreille, malheureusement, se désole-t-elle.

Des dizaines de personnes sont assises à des tables.
150 participants ont assisté au colloque des personnes proches aidantes.
Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard

Cependant, elle prévoit que le déploiement du référencement systématique change la donne. Ce système garantit aux organismes d'être reconnus d'emblée, évitant ainsi que le proche aidant ne reste confiné uniquement aux services internes du réseau de la santé.

Émilie Bouchard s'attend alors à une augmentation significative du nombre d'usagers qui bénéficieront de leurs services.

Après de nombreuses années à être proche aidante, Francine Vigneault se réjouit de l’évolution des services qui leur sont destinés. Selon elle toutefois, il manque encore des espaces d’échange pour briser l’isolement. Elle partage un conseil avec les personnes qui vivent dans la même situation : parlez, parlez, parlez, faites confiance, et demandez de l’aide.


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