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Montérégie : politique et promesses pour le soutien à domicile

La Société d'Alzheimer du Haut-Richelieu
La Société d'Alzheimer du Haut-Richelieu fait partie des organisations soutenant la proche aidance.
(Photos : archives) (Photos : archives)

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec a annoncé sa nouvelle politique de soutien à domicile. Si elle comprend une rémunération pour les personnes proches aidantes, les critères d’admissibilité ne sont pas totalement connus.

« Nos organismes membres sont régulièrement appelés par des proches aidants fatigués mais qui veulent savoir comment fonctionne la nouvelle politique de soutien à domicile afin d’obtenir l’aide financière », explique Katia Brocart, présidente du Réseau Aidance Montérégie qui est dans l’expectative. Si la dirigeante de la structure regroupant les associations communautaires de la région voit d’un bon œil les annonces du ministère de la Santé, elle constate que la machine n’est pas encore en marche. « C’est une très belle politique, bien écrite. Mais il y a un écart entre ce qui est dit et la réalité. »

La politique nationale de soutien à domicile a pour thème « Mieux chez soi ». Dans sa présentation, Sonia Bélanger, ministre de la Santé et des Services sociaux, affirme ses priorités. « Nos actions visent aussi à prévenir les hospitalisations, à offrir un accès de qualité aux soins et aux services, et à préserver l’autonomie, la mobilité et les fonctions cognitives des personnes pour qu’elles continuent de vivre dans la communauté qu’elles ont choisie. »

Ainsi, parmi les principales mesures, les proches aidants pourront bénéficier d’un salaire de 21 $ de l’heure (révisé à 21,04 $/h depuis le 1er février, selon le ministère, NDLR).

Le MSSS décide

Mais pour toucher cet argent, les proches aidants doivent cocher les cases de critères qui sont à la discrétion du ministère de la Santé et des Services sociaux. « Le processus d’accès à l’allocation est réalisé en collaboration avec l’usager et sa personne proche aidante, résume le MSSS. Il nécessite l’application d’une démarche clinique d’évaluation des besoins qui relève de la responsabilité du personnel des établissements du réseau de la santé et des services sociaux. L’évaluation de la situation et des besoins de l’usager, en considérant les besoins de la PPA qui l’accompagne, est au cœur de cette démarche. »

Le communautaire à l’écart

Le droit à l’allocation se fait sous la discrétion du MSSS, ce qui ne convient pas à Katia Brocart. « On est un peu dans le néant même s’il existe un cadre de référence. On ne peut pas envoyer le document de référence de 30 pages à chaque proche aidant ou leur expliquer que le MSSS décidera sans connaître les exigences précises. De plus, ce n’est pas inscrit quand cet argent sera disponible. »

Malgré ses réserves, la directrice de Réseau Aidance Montérégie est satisfaite de voir que le soutien à domicile est valorisé par le MSSS. « Le soutien à domicile est un pilier de notre système de santé et je suis contente que cela sorte de la bouche de nos ministres. Malgré tout, je suis déçue que la ministre parle d’économie solidaire mais en aucun cas du communautaire. Je suis déçue pour les acteurs de ce secteur. Cela signifie aussi que l’on veut acheter des services aux plus offrants plutôt que de poursuivre les partenariats avec le communautaire. On sait que nous sommes en sursis à cet égard, mais j’ai envie d’y croire. Ce qui me fait peur, c’est que j’entends parler de courtiers de services. On va juste aller au meilleur tarif. Cela ressemble à de la privatisation. »


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