
(Photo: Adobe Stock)
Les employeurs remanient de plus en plus leurs régimes d’avantages sociaux et de retraite pour tenir compte de l’évolution démographique de la main-d’œuvre, notamment des proches aidants, des employés à temps partiel et des effectifs multigénérationnels, affirme Francis Boulianne, associé, Santé et assurance collective chez Normandin Beaudry.
Cette transition survient alors que la main-d’œuvre canadienne continue d’évoluer. Selon des données de Statistique Canada publiées en 2025, le taux d’activité des Canadiens de 65 ans et plus a atteint un sommet de 15,2 %, ce qui témoigne du nombre croissant d’employés qui travaillent au-delà de l’âge traditionnel de la retraite et contribue à la multiplication des milieux de travail multigénérationnels.
«Nous nous éloignons des régimes uniformes, explique Francis Boulianne. Les besoins diffèrent selon l’âge et la culture. Il faut donc offrir cette flexibilité.»
Cette flexibilité prend plusieurs formes, notamment l’élargissement du soutien aux soins d’affirmation de genre, aux avantages liés à la fondation d’une famille et aux services de santé mentale, ainsi que la reconnaissance des besoins croissants des proches aidants, des enjeux liés à la santé des femmes et des employés qui traversent différentes étapes de leur vie.
Les employeurs élargissent également les comptes de dépenses mieux-être et redéfinissent les journées de mieux-être traditionnelles afin qu’elles puissent servir à prendre soin de parents vieillissants ou à accompagner des membres de la famille à des rendez-vous médicaux. Certaines organisations bonifient aussi les prestations d’assurance-emploi des employés qui prennent un congé de proche aidant.
«Nous avons observé un élargissement de la portée des programmes traditionnels d’avantages sociaux, souligne Francis Boulianne. Les proches aidants occupent une place beaucoup plus importante depuis quelques années.»
Cette attention accrue reflète les difficultés auxquelles de nombreux proches aidants sont confrontés. Selon un rapport publié en 2026 par le Centre canadien d’excellence pour les aidants, 77 % des proches aidants ont affirmé que leur rôle avait nui à leur bien-être, tandis que 49 % ont déclaré subir des pressions financières.
Les promoteurs de régimes revoient également les critères d’admissibilité aux avantages sociaux. Certains employeurs suppriment les périodes d’attente afin que les nouvelles recrues soient couvertes plus rapidement, tandis que d’autres envisagent d’étendre la couverture aux employés à temps partiel, puisque le passage de la vie active à la retraite correspond de moins en moins à une transition nette entre un emploi à temps plein et un départ complet du marché du travail.
«Le concept de retraite est différent de ce qu’il était il y a cinq, dix ou 25 ans, affirme Francis Boulianne. La retraite signifie-t-elle passer d’un emploi à temps plein à aucun emploi, ou plutôt d’un emploi à temps plein à un emploi à temps partiel? Comment peut-on s’adapter à cette réalité?»
Les employeurs accordent aussi une attention accrue à la communication des avantages sociaux. Ils adaptent leurs messages à différents publics et reconnaissent que les employés ne consomment pas l’information de la même façon selon leur génération, leur culture et leur langue.
Bien que l’ajout de nouveaux avantages puisse favoriser l’inclusion, la sensibilisation est tout aussi importante pour aider les employés à comprendre les raisons d’être de certaines mesures de soutien et la manière dont leurs collègues peuvent en bénéficier.
«Il est possible de faire beaucoup de choses uniquement sur le plan de la sensibilisation, affirme Francis Boulianne. Les employés peuvent mieux comprendre ce que signifie être un proche aidant ou travailler avec des personnes neurodivergentes. La sensibilisation peut constituer une bonne première étape.»
Selon lui, cette sensibilisation favorise l’empathie entre collègues et contribue à créer des milieux de travail où les employés se sentent en sécurité et reconnus.
Pour la suite, Francis Boulianne estime que les employeurs devraient veiller à ce que leurs stratégies d’avantages sociaux concordent avec les objectifs généraux de leur organisation. Ils devraient également utiliser les données sur leur main-d’œuvre pour comprendre les besoins actuels des employés et la manière dont ceux-ci sont susceptibles d’évoluer au fil du temps.
Ce texte a été originalement publié en anglais sur le site de Benefits Canada.
[ Source ]
