
La solitude des aidants est souvent moins exacerbée que ce que l’on imagine. C’est ce qu’indique une étude biennale coordonnée par l’Université Catholique du Sacré-Cœur, en collaboration avec les universités de Vérone et de Campobasso. Ce projet de recherche d’intérêt national (PRIN 22) a présenté ses résultats lors d’un colloque intitulé Le capital social dans les pratiques de soins : acteurs et stratégies d’intervention, tenu le 23 janvier à l’Université Catholique de Milan et compilés dans la publication Du caregiver au caregiving. Relations de soin, capital social et politiques de bien-être, sous la direction de Donatella Bramanti, Fabio Ferrucci et Luigi Tronca.
D’un regard sur les aidants à un regard sur le caregiving
La divulgation de ces résultats intervient à un moment crucial, alors que le parlement s’apprête à examiner le projet de loi présenté le 12 janvier par la ministre des personnes handicapées, Alessandra Locatelli, qui vise à reconnaître le statut de l’aidant familial. La recherche souligne la nécessité de passer d’une vision centrée sur l’individu au caregiving dans son ensemble, en considérant non seulement le rôle mais également le réseau social dans lequel ces aidants évoluent.
Le caregiving doit être perçu comme un bien relationnel. C’est ainsi que nous devons l’approcher.
Donatella Bramanti, sociologue à l’Université Catholique de Milan
« L’étude met en lumière que le caregiving est avant tout une richesse relationnelle à développer pour transformer les familles et les communautés », a déclaré Donatella Bramanti lors de l’ouverture du colloque.
Les résultats de la recherche : aver nous avons tous une petite équipe de soutien
Selon Luigi Tronca de l’Université de Vérone, l’étude a examiné le concept de « soutien social », qui fait référence aux ressources que les individus reçoivent de leur réseau. Les résultats montrent que chaque personne dispose en moyenne de 2,9 personnes dans son réseau de soutien. L’étude révèle également que 11,6 % des personnes n’ont aucun réseau, tandis qu’une infime partie n’a entraîné aucune aide dans les douze mois précédents. Avec l’âge, la taille des réseaux se réduit considérablement, et il a été noté que ceux vivant en grandes villes tendent à avoir des réseaux plus restreints.
Pour aider les personnes, il faut nécessairement se pencher sur leurs réseaux de soutien.
Luigi Tronca, sociologue à l’Université de Vérone
Portrait des aidants
Environ 86,8 % des participants à l’enquête ont déclaré avoir apporté leur aide à au moins une personne dans l’année écoulée, dont près de 29 % le faisaient au moins une fois par semaine pour une personne vulnérable. Cela signifie que le caregiving touche presque un tiers de la population. Parmi ces aidants actifs, les jeunes représentent une part non négligeable, avec 16,8 % de personnes de moins de 35 ans.
Le soutien social aux aidants
Il existe des aidants isolés, sans soutien, mais aussi ceux qui partagent leurs tâches avec un « alter ego » ou au sein d’un « caregiving diffus ». Curieusement, environ un tiers des aidants ne dispose d’aucune personne de référence pour les soutenir.
Points à retenir
- L’étude révèle qu’une majorité d’aidants est soutenue par un réseau, malgré une perception d’isolement.
- La reconnaissance du rôle d’aidant familial est cruciale pour adapter les politiques publiques.
- La solidarité au sein des réseaux familiaux est essentielle, bien que l’accès à des ressources externes reste limité.
- Le développement d’une infrastructure relationnelle minimiserait la surcharge des aidants.
- Les politiques doivent encourager la conciliation entre le caregiving et d’autres engagements, tels que le travail.
En somme, cette recherche pousse à reconsidérer la place des aidants dans notre société. En tant qu’observateur passionné, je suis interpellé par l’idée que, derrière chaque aidant, il y a un réseau qui mérite d’être valorisé. La discussion sur l’avenir des politiques de soutien aux aidants est d’une importance capitale et mérite toute notre attention. Comment pouvons-nous transformer ces constats en actions concrètes pour améliorer la vie des aidants et des personnes qu’ils soutiennent ? C’est une question qui mérite d’être posée et explorée avec sérieux.
[ Source ]
.
