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Geneviève Coutu reste prudente malgré la victoire

Genevieve Coutu
La Soreloise Geneviève Coutu multiplie les représentations pour demander la reconnaissance du rôle de proche aidant ainsi qu’une rémunération équitable.
Photo gracieuseté

Environ trois mois après avoir officiellement déposé sa pétition à l’Assemblée nationale du Québec pour demander la reconnaissance du rôle de proche aidant ainsi qu’une rémunération équitable, la Soreloise Geneviève Coutu voit ses efforts porter fruit.

Le jeudi 29 janvier, Sonia Bélanger, ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, a dévoilé la Politique nationale de soutien à domicile (PSAD) « Mieux chez soi ». Cette politique prévoit une bonification de 107 M$ aux 2,6 G$ déjà consacrés au soutien à domicile, principalement pour l’embauche de personnes dans les CLSC et les entreprises d’économie locale. La ministre a également annoncé l’élargissement du programme chèque emploi-service, désormais appelé allocation autonomie à domicile, qui permettra la rémunération des proches aidants.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité du combat mené depuis quelques années par Geneviève Coutu, qui a initié deux pétitions — l’une au provincial et l’autre au fédéral — réclamant notamment la reconnaissance et la rémunération des personnes proches aidantes. « C’est un pas dans la bonne direction, mais la guerre n’est pas gagnée », souligne celle qui a été proche aidante pendant cinq ans auprès de son mari atteint d’Alzheimer précoce, décédé à l’automne dernier.

Prudence

Le nouveau programme reconnaît comme proches aidants admissibles ceux qui assurent l’hygiène, l’administration légale des médicaments ou l’aide à l’alimentation. L’allocation autonomie à domicile est basée sur l’évaluation des besoins de la personne aidée et le taux horaire augmente de 20 $ à 21 $, entraînant un investissement additionnel de 2,4 M$ d’ici mars et de 15,7 M$ par année par la suite.

Face à ces modalités, Geneviève Coutu accueille l’annonce avec prudence, soulignant que plusieurs enjeux demeurent. « Le chèque emploi-service ne correspond pas à un emploi à temps plein. Une offre de 20 heures par semaine à 21 $ de l’heure, ça ne permet pas de quitter le marché du travail ni de soutenir une personne à long terme, expose-t-elle. Si j’avais placé mon mari en CHSLD, ça aurait coûté environ 13 000 $ par mois au gouvernement. »

Geneviève Coutu rappelle également que le chèque emploi-service servait historiquement à offrir du répit, un élément essentiel qu’il ne faut surtout pas sacrifier au profit d’une rémunération partielle. « Un salaire sans répit, ce n’est pas une solution, clame-t-elle. Le répit est extrêmement important parce que les proches aidants le sont 24/7, sans congés ni week-ends. »

Ainsi, Mme Coutu soutient que plusieurs points restent à éclaircir, dont le nombre réel d’heures rémunérées et la continuité du soutien monétaire en cas de décès.

Le mercredi 4 février, Geneviève Coutu sera à la Chambre des communes à Ottawa pour déposer sa pétition (e-6812). Du 16 septembre 2025 au 16 janvier 2026, elle a récolté 13 035 signatures électroniques. « C’est important que je sois là pour montrer le sérieux de ma démarche », dit-elle.

Rappelons qu’elle a reçu l’aide de Louis Plamondon, député de Bécancour–Nicolet–Saurel–Alnôbak, pour présenter cette pétition dans la capitale fédérale.

« C’est seulement un début, je veux continuer de me battre pour les proches aidants », conclut Geneviève Coutu.

Par ailleurs, à la suite de l’annonce de la ministre Bélanger, le 29 janvier, Geneviève Coutu a multiplié les entrevues dans les médias, étant désormais perçue comme l’un des visages des proches aidants au Québec. Un rôle qu’elle embrasse pour le bien de la cause.


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