
Les convives ont été invités à découvrir une sélection de vins et de bières issus de microbrasseries, dans une formule d’accords soigneusement élaborée. (Rébecca Pépin/Le Nouvelliste)
La solidarité et l’engagement communautaire ont pris une saveur toute particulière vendredi soir, alors que la Fondation des proches aidants de l’Énergie tenait sa toute première édition du «Festin de la générosité». Cet événement a mis en lumière une réalité souvent vécue dans l’ombre: celle des proches aidants qui accompagnent au quotidien des personnes atteintes de maladies neurodégénératives.
Présentée sous la forme d’une expérience gastronomique, la soirée a permis d’atteindre l’objectif financier de 20 000 $, un résultat qui reflète à la fois la générosité des participants et l’importance accordée à cette cause. Le montant exact sera dévoilé lundi sur les médias sociaux de la Fondation, mais les organisateurs évoquent déjà un succès des plus significatifs.
«Alors que l’Association célébrait ses cinq ans et la Fondation sa première année, il nous apparaissait naturel de lancer un premier événement caritatif, d’autant plus que des maladies comme l’Alzheimer et le Parkinson sont très présentes dans notre région.»
— Hugues Carpentier, directeur général de la Fondation des proches aidants de l’Énergie
Une expérience immersive
Le concept de la soirée reposait sur une approche à la fois éducative et sensorielle. Les convives ont été invités à découvrir une sélection de vins et de bières issus de microbrasseries, dans une formule d’accords soigneusement élaborée. Animé et guidé par Sylvain Bouchard, sommelier en bière, le souper s’est déroulé sous le signe de l’apprentissage et du partage des connaissances gastronomiques. Chacun des six services était accompagné d’explications sur les caractéristiques des produits, les méthodes de brassage et les harmonies de saveurs, transformant le repas en une véritable expérience immersive. Sur le plan culinaire, la soirée était orchestrée par le chef Philippe St-Arnaud. À cette expérience gastronomique se sont ajoutées diverses activités, dont un encan silencieux et des tirages. L’ensemble des profits était directement consacré à la réalisation de la chambre sensorielle.
Au-delà de la réussite financière, l’événement vise un projet bien concret: la création d’une chambre sensorielle adaptée aux besoins des personnes vivant avec des troubles neurodégénératifs, comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson. Cet espace spécialisé sera conçu comme un environnement apaisant, favorisant la détente et contribuant à réduire l’anxiété. Grâce à des stimulations sensorielles adaptées, lumière, sons, textures, il permettra aux usagers de mieux gérer leurs émotions au quotidien.
«En début de parcours, cela entraîne souvent beaucoup de frustration, les personnes sentant que quelque chose change sans toujours comprendre quoi. C’est pourquoi ce type d’installation peut faire une réelle différence, autant pour les malades que pour leurs proches.»
— Hugues Carpentier, directeur général de la Fondation des proches aidants de l’Énergie
En offrant un milieu sécurisant et encadré pour leurs proches, cette chambre sensorielle représente également une forme de répit. Car derrière chaque personne atteinte se trouve bien souvent un aidant qui, jour après jour, assume un rôle exigeant, parfois au détriment de sa propre santé physique et psychologique.

Le chef Philippe St-Arnaud, du Trou du diable, a servi un repas six services, entouré d’une vingtaine de bénévoles. (Rébecca Pépin/Le Nouvelliste)

L’expérience gastronomique était accompagnée de diverses activités, notamment un encan silencieux et des tirages, dont l’ensemble des profits a été entièrement consacré à la création de la chambre sensorielle. (Rébecca Pépin/Le Nouvelliste)

Plusieurs personnalités de la région étaient présentes pour cette première édition dont le maire Lévesque et la député Marie-Louise Tardif entourés de leur proches. (Rébecca Pépin/Le Nouvelliste)
La réalité en chiffres
Dans la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les maladies neurodégénératives représentent un enjeu de santé publique de plus en plus préoccupant, tant par leur prévalence que par leurs répercussions sur les personnes atteintes et leur entourage.
Selon Parkinson Centre-du-Québec·Mauricie, plus de 1700 personnes vivent actuellement avec la maladie de Parkinson sur ce territoire. À ces chiffres s’ajoutent autant de proches aidants, directement touchés par la réalité quotidienne de la maladie. Fait notable, près de 20 % des personnes diagnostiquées auraient moins de 50 ans, ce qui correspond à des cas de Parkinson précoce. Cette donnée vient rappeler que la maladie ne touche pas uniquement les personnes âgées et qu’elle peut survenir en pleine vie active, avec des impacts importants sur la vie professionnelle, familiale et sociale.
Du côté des troubles neurocognitifs, dont la maladie d’Alzheimer, les données du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec dressent également un portrait préoccupant. On estime que plus de 10 500 personnes âgées de 40 ans et plus en sont atteintes dans la région, selon les données de 2020-2021. Chez les 65 ans et plus, cela représente environ 8 % de la population, une proportion significative qui témoigne de l’ampleur du phénomène.
Dans ce contexte, l’ajout d’une chambre sensorielle s’inscrit comme une évolution naturelle des services offerts par l’organisation. Elle permettra non seulement d’améliorer la qualité de vie des usagers, mais aussi de diversifier les outils à la disposition des intervenants.
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