
Depuis 10 ans, le programme Rayon d’art du Musée des beaux-arts du Canada offre des visites guidées adaptées aux personnes atteintes de démence et à leurs proches aidants.
Photo : Avec l’autorisation du Musée des beaux-arts du Canada
Lys Stevens et sa mère, Janet, déambulent dans les couloirs du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), à Ottawa. Janet vit avec la démence. Au sein d’un petit groupe, le duo profite d’une visite guidée adaptée.
C’est l’occasion de passer un peu de temps avec ma mère dans un espace chaleureux et inclusif
, souligne Lys Stevens, sourire aux lèvres.
Les deux femmes assistent à une activité offerte dans le cadre de Rayon d’art, une initiative destinée aux personnes atteintes de troubles neurocognitifs, comme la démence ou la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’à leurs proches aidants. Le programme célèbre cette année ses 10 ans d’existence.

Lys Stevens (en bleu) et sa mère (en rose) participent à une visite guidée dans le cadre du programme Rayon d’art du MBAC.
Photo : Radio-Canada / Christelle D’Amours
Une fois par mois, Rayon d’art peut accueillir jusqu’à une vingtaine de personnes venues pour échanger sur des œuvres d’art.
Pour certaines personnes, ce n’est pas toujours facile de faire des sorties, surtout en compagnie de quelqu’un qu’ils aiment
, souligne l’éducatrice et fondatrice du programme, Andrea Gumpert. Ici, c’est vraiment une façon de créer une connexion avec les œuvres et, dans certains cas, avec d’autres participants.

Employée au MBAC, l’éducatrice Andrea Gumpert a fondé le programme Rayon d’art.
Photo : Radio-Canada / Christelle D’Amours
Tout le monde devrait avoir accès à l’art.
Rayon d’art a été réalisé avec l’appui de la Société de la démence d’Ottawa et du comté de Renfrew. Pour Mme Gumpert, offrir un tel rendez-vous mensuel à cette clientèle est essentiel.
Les gens réunis ici sont à l’aise, parce qu’ils sont parmi leurs pairs. Ils savent que tout le monde est dans la même situation, alors ça leur apporte un peu de réconfort
, précise-t-elle.
Un moment de « connexion »
Les toiles, sculptures ou installations présentées varient d’un mois à l’autre. J’ai quand même un petit club qui revient régulièrement, alors je veux les exposer à des œuvres différentes
, s’amuse Andrea Gumpert.

Andrea Gumpert doit adapter les informations qu’elle fournit à son public.
Photo : Radio-Canada / Christelle D’Amours
Aujourd’hui, Lys et Janet Stevens peuvent notamment observer des créations des artistes autochtones Norval Morrisseau et Mary Anne Barkhouse. Devant elles, Andrea Gumpert anime la discussion et répond aux questions.
L’activité est vraiment conçue pour accueillir les gens atteints de démence et leurs proches aidants, non seulement pour faciliter la communication, mais aussi pour vivre une expérience ensemble
, explique l’employée du MBAC.
Parfois, une personne va partager quelque chose dont le proche aidant n’a jamais entendu parler. C’est une façon de découvrir l’autre et de communiquer à travers l’art.
Afin de répondre aux divers besoins de sa clientèle, le MBAC propose également le programme VisionArt, destiné aux personnes aveugles ou ayant une basse vision. Lors de ces rendez-vous, les visiteurs peuvent toucher à certaines œuvres. Les personnes neurodivergentes ont accès notamment à une carte sensorielle, identifiant les espaces plus tranquilles.
Des visites sur mesure
Les visites sont adaptées en fonction de la clientèle. De petits bancs sont proposés à ceux qui désirent s’asseoir. Le parcours ne compte que trois ou quatre œuvres, à proximité l’une de l’autre. On prend vraiment le temps de ralentir pour regarder et découvrir ensemble
, renchérit l’éducatrice responsable des programmes de mieux-être au MBAC.

Les participants ont accès à des bancs pour s’asseoir s’ils en ressentent le besoin.
Photo : Radio-Canada / Christelle D’Amours
Rayon d’art a un pendant anglophone : SPARK! En français comme en anglais, des rencontres en visioconférences sont offertes pour ceux qui ne désirent pas se déplacer.
[En 10 ans], le programme Rayon d’art n’a pas vraiment changé, mais personnellement, mes connaissances et ma façon de communiquer ont évolué
, estime Mme Gumpert, ajoutant que l’animation de telles activités nécessite beaucoup de flexibilité
. J’essaie de les rencontrer là où ils sont
, dit-elle.
De son côté, Lys Stevens compte bien participer à l’une de ces visites guidées de nouveau avec sa maman. Je suis très contente. C’est très bien fait. On a trouvé une “perle” d’activité
, conclut-elle.
[ Source ]
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