
Dans une société vieillissante, de plus en plus de Québécois jonglent entre emploi et rôle de proche aidant, mais beaucoup se taisent par peur du jugement au travail, alerte la directrice générale du Réseau pour un Québec Famille.
Lorsqu’on parle de conciliation travail, le sujet le plus souvent abordé est celui de la conciliation travail-famille. Cependant, dans le contexte d’une société vieillissante, on évoque de plus en plus la conciliation travail-proche aidant, souligne la directrice générale du Réseau pour un Québec Famille, Corinne Vachon Croteau.
«Il y a notamment de plus en plus de personnes qui sont amenées à travailler tout en jouant le rôle de personnes proches aidants», a révélé Mme Vachon Croteau à l’émission À vos affaires, vendredi.
Bien que le vieillissement de la population soit souvent mis en avant, la directrice souligne que la proche aidance prend de multiples formes.
«C'est aussi prendre soin d'un enfant handicapé, par exemple, ou d'un enfant à besoin de soutien particulier. Donc, il y a plusieurs visages à cette proche aidance», a-t-elle mentionné.
Chaque proche aidant vit une situation différente: le soutien peut durer quelques semaines ou plusieurs années. Et lorsqu’il s’agit de demander des accommodements au travail, un récent sondage du Réseau pour un Québec Famille indique qu’un tiers des employés préfère ne pas révéler leur situation à leur employeur.
«Par crainte de perte d'opportunités au travail ou encore de jugement, a-t-elle indiqué. Donc, c'est un élément important qui ressort du sondage sur lequel, avec [l’organisme] Proche aidance Québec notamment, notre partenaire, on se dit qu'il faut réfléchir aux solutions, à comment mieux sensibiliser les employeurs à cette réalité.»
Si des avancées ont été réalisées ces dernières années pour que les employeurs comprennent mieux les situations des proches aidants, Mme Vachon Croteau estime qu’il reste essentiel de poursuivre la sensibilisation en milieu de travail.
«On sent quand même que les personnes proches aidantes ont encore un stigmate qui est un peu plus présent que chez les parents. Donc, par exemple, ils se sentent moins légitimes d'utiliser les mesures de conciliation qui sont déjà en place dans l'organisation», a-t-elle expliqué, ajoutant que les efforts seront à poursuivre dans un second plan d’action qui est présentement en cours d’élaboration au niveau du gouvernement.
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