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Aider un ou une proche plus facilement grâce à la mesure d’assistance

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Un ou une de vos proches rencontre des difficultés avec ses démarches du quotidien. Vous souhaitez l’aider en passant des appels pour lui ou elle et en essayant d’obtenir les informations nécessaires, mais vous vous butez à la même réponse encore et encore : « Nous ne pouvons pas vous répondre sans une autorisation formelle. »

Loin d’être unique, cette situation illustre le fardeau avec lequel composent un bon nombre de proches aidants : sans reconnaissance officielle, prêter assistance à un proche peut devenir éprouvant, tant pour la personne soutenue que pour celle qui accompagne.

Aider à aider : voilà donc l’optique dans laquelle s’inscrit la mesure d’assistance, en permettant à tout individu dans le besoin de faire reconnaître officiellement une ou deux personnes de son choix pour l’accompagner dans différentes démarches de la vie courante.

Une aide précieuse freinée

Des milliers de Québécois et de Québécoises soutiennent déjà un parent vieillissant, un conjoint ou une conjointe malade, ou encore un proche en difficulté. « Souvent, les gens font déjà ce travail, sans cadre officiel », explique le travailleur social Sébastien Benoît dans l’épisode La mesure d’assistance : aider un proche plus facilement du balado Protéger ceux qu’on aime, produit par le Curateur public.

Or, cette aide informelle se heurte rapidement à des limites concrètes : vérifications d’identité, refus de transmettre de l’information, nécessité pour la personne aidée et son aidant d’être physiquement présents pour chaque démarche… Avant d’être reconnu comme assistant pour sa mère, Sébastien Benoît en a lui-même fait l’expérience : « Il fallait absolument qu’on soit assis ensemble, au même moment, pour faire les démarches, sinon ça ne fonctionnait pas », se souvient-il.

Ces contraintes peuvent entraîner des délais, des erreurs et une fatigue supplémentaire dans des moments déjà éprouvants.

Une reconnaissance qui change tout

Encore peu connue, la mesure d’assistance mise en place par le gouvernement du Québec vise précisément à prévenir de telles situations. Elle permet à une personne vivant une difficulté de désigner une ou deux personnes de confiance — qui seront officiellement reconnues par le Curateur public — pour l’accompagner dans diverses démarches.

Une fois leur inscription faite au Registre public des assistants, ces proches peuvent communiquer avec différents intervenants, comme les institutions financières, les professionnels de la santé, les ministères et organismes ainsi que les autres fournisseurs de produits ou services, pour obtenir et transmettre des renseignements au nom de la personne aidée.

L’assistant est légitimé dans son rôle. Les institutions peuvent facilement vérifier au registre, ce qui met tout le monde en confiance.

 Sébastien Benoît, travailleur social

Cette reconnaissance simplifie les échanges, évite de répéter les autorisations d’un intervenant à un autre et rend les formalités beaucoup plus fluides.

« Les délais sont raccourcis énormément, et on n’a plus d’erreurs dans les démarches », observe-t-il.

Accompagner, sans décider

La mesure d’assistance repose sur un principe fondamental : préserver l’autonomie de la personne aidée.

Ce n’est pas une prise en charge. La personne reste autonome ; elle prend ses décisions et signe ses documents.

 Sébastien Benoît, travailleur social

Ce faisant, le rôle de l’assistant ou de l’assistante est d’accompagner. « C’est une courroie de transmission : il [ou elle] recueille l’information, la traduit et transmet les volontés de la personne », résume-t-il.

Concrètement, cela peut consister à appeler un assureur pour comprendre un refus de réclamation, à vérifier la légitimité d’une opération inscrite au relevé bancaire, à s’assurer qu’un dossier est complet ou encore à aider à comprendre un traitement médical ; autant de démarches qui deviennent plus simples et plus efficaces lorsque le rôle de l’assistant est reconnu officiellement.

Pour des réalités variées

Contrairement aux idées reçues, la mesure d’assistance ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Elle peut s’appliquer dans de nombreuses situations : fatigue liée à une maladie, limitations fonctionnelles, difficultés de concentration, barrière linguistique ou complexité administrative, etc.

« Il n’y a pas une seule situation type. Ce qui compte, c’est que la personne soit capable de prendre ses décisions », précise Sébastien Benoît.

La mesure d’assistance permet aussi de faciliter l’accompagnement à distance, lorsque les proches ne vivent pas dans la même ville. Surtout, elle réduit les frustrations et le sentiment d’impuissance. Bref, moins de temps consacré à des démarches répétitives et plus de disponibilité pour l’essentiel : être là pour l’autre.

[Se proposer comme assistant pour quelqu’un qu’on aime] peut être un beau geste d’amour et de bienveillance.

 Sébastien Benoît, travailleur social

Une façon de transformer une aide déjà bien réelle, mais souvent invisible, en un rôle reconnu… et d’autant plus aidant.

Apprenez-en plus sur la mesure d’assistance

ou composez le 1 844 LECURATEUR (532-8728).


[ Source ]

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